AccueilActualitésDémantèlement de calais : le sort des mineurs isolés

Démantèlement de calais : le sort des mineurs isolés

Quelques jours après le début du démantèlement de la jungle de Calais, les mineurs isolés sont soumis à un contrôle de l’âge préalable à leur enregistrement  ou non en tant que mineurs. Une évaluation de visu a été effectuée par des agents de l’État et des membres des associations mandatée pour une mise à l »abri provisoire avant l’évaluation légale du juge.

Un contrôle des mineurs isolés au faciès

Certes, il y avait de jeunes majeurs qui ont tenté de se faire passer pour moins âgés qu’ils ne l’étaient, mais les enfants et les adolescents de la Jungle, usés par les souffrances physiques et psychologiques de leur voyage et de leur séjour à Calais, ont toujours l’air plus vieux qu’ils ne le sont : les jeunes ados de 12 ans en paraissent 20, les yeux cernés, des rides qui commençaient à apparaître, et des cheveux qui blanchissaient à cause du stress, d’une vie nocturne, d’une très mauvaise alimentation et d’un manque quasi-total d’accès à l’hygiène.
Beaucoup ont été refoulés par ce pré-contrôle qui ne les soustrait pas ensuite à l’évaluation du juge des enfants.

Une mise à l’abri des mineurs isolés insuffisante

Ceux qui ont eu la « chance » d’être reconnus mineurs devaient être hébergés au CAP (le camp de containers dans la « Jungle »), quelques rares enfants ont été envoyés dans des centres d’hébergement ou ont pu bénéficier du regroupement familial au Royaume-Uni et de l’Amendement Dubs qui se débloquent enfin. Mais un nouveau problème dans cette prise en charge : le nombre de places disponibles dans le CAP était très insuffisant et on estime que 300 mineurs ont été renvoyés dans la Jungle en attendant. Mercredi, la partie non-officielle du camp a brûlé, et les enfants y étaient toujours, certains ont été forcés de dormir en dehors de tout abri, dans le froid.

L’État n’avait pas prévu que son plan ne puisse pas être un succès total : la totale transparence des opérations devait être assuré grâce à la présence de 700 journalistes officiellement accrédités. Mardi soir, ces accréditations ont été retirées. L’opération « humanitaire » annoncée se transforme désormais en opération policière.

Une situation totalement indigne que MSF notamment a dénoncé.

Une régularisation de mineurs isolés obligatoire

Jeudi, la préfecture annonce que tout migrant contrôlé après 14h sera arrêté s’il ne peut pas justifier la régularité de sa situation. Les enfants ont désormais l’obligation de porter un bracelet en plastique bleu ou gris afin de les « identifier » mais très peu sont en réalité informés de cette mesure (qui en rappelle d’autres…). Plusieurs mineurs ont été arrêtés par la police aujourd’hui.

L’ONG Help Refugees a publié une vidéo de plusieurs de ces arrestations.

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