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Des réfugiés sans refuge et des enfants sans enfance

Calais - Enfance Majuscule Depuis plus d’un mois, l’association Enfance Majuscule est présente à Calais et notre bénévole qui vit désormais sur place nous envoie des informations souvent alarmantes que nous souhaitons partager avec vous.

L’incinération quotidienne des bennes à ordure. Les fumées toxiques issues de la combustion de matières plastiques combinées à la pollution des industries pétrolières voisines causent des problèmes de santé aux migrants et notamment des maladies pulmonaires. Les enfants, fragiles, y sont directement exposés.

Des réfugiés sans refuge et des enfants sans enfance - Enfance MajusculeLors d’une mission à Calais, Enfance Majuscule a souhaité approcher au plus près le quotidien de ces enfants que l’on appelle  » les mineurs migrants isolés « . Le constat est affligeant.

Des tentes en bouts de plastique ou en morceaux de cartons, de la boue à perte de vue. Des bidons de tôle où brûle un feu de pétrole ! Ceci n’est pas un camp de réfugiés au Kurdistan mais « la jungle de Calais ».

 

 

Calais - Enfance MajusculeIls sont plus de 4000 à y survivre. Des hommes, beaucoup, des femmes, des vieillards, des enfants, recroquevillés sous la pluie et dans la boue. Leur seul souhait : rejoindre l’Angleterre. Des milliers d’enfants transitent dans ces lieux où l’état tente d’organiser avec l’aide de bénévoles un quotidien qui ne soit pas inhumain pendant que ce même état envoie des policiers pour interdire tout mouvement vers l’Angleterre. A coup de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc, et armée de bulldozers, la police chasse hommes, femmes et enfants de leur misérable abri pour tout détruire ! Cela s’est encore passé le 21 janvier au soir… Tous redoutent la prochaine fois !

 

Calais - Enfance MajusculeDans quelques baraquements en dur où les hommes sont interdits, des bénévoles, des ONG, tentent de redonner un semblant de sécurité à une petite centaine de femmes et d’enfants, mettent en place une petite école, un lieu de vie, une cuisine collective. Ceux qui n’ont  pas la « chance » de vivre dans ces lieux chauffés, survivent dans le terrain vague adjacent ou les adolescents que l’aide sociale à l’enfance ne prend pas en charge faute de place et de moyens, côtoient des adultes désespérés.

L’implication des bénévoles est absolument remarquable et malgré la barrière de la langue, on sent un véritable désir de bientraitance de ces enfants sans enfance. Venus d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, du Darfour, d’Erythrée ou d’ailleurs ils redeviennent des enfants dès qu’un ballon de foot se faufile dans les parages ou que des crayons de couleurs animent des pages blanches.

Auteurs : P. Chalon , N. Emam, V. Saab

http://www.liberation.fr/apps/2016/03/mineurs-isoles-etrangers/#chapitre-1

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