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Enfants et adolescents orphelins ou blessés de la vie Les aider à avancer

afpssuLe 29 janvier, l’Association Française de Promotion à la Santé Scolaire et Universitaire, AFPSSU, organisait à Paris son congrès annuel.

Journée dédiée à Jacques Fortin disparu il y a quelques mois, en présence d’Hubert Montagner, grand témoin

Comme chaque année la préoccupation essentielle de l’association est de penser au bien-être des enfants et adolescents, quelles que soient les difficultés ou les blessures rencontrées, et donc de récompenser des projets qui œuvrent dans ce sens. Des interventions riches sur la souffrance psychique, les psycho traumatismes et pour y répondre des pistes concrètes d’action.

Des stands d’associations permettent aux participants de découvrir des outils spécialisés.

Les projets récompensés

Cette année, 18 projets ont été présentés, tous de grande qualité, 5 ont été récompensés. On les retrouvera tous sur le site : http://www.afpssu.com

Ces cinq projets sont portés par deux établissements agricoles, un collège et un lycée, tous mettent en avant le bien-être et l’estime de soi et la nécessité d’un  travail d’équipe.

Enfants et adolescents orphelins ou blessés de la vie Les aider à avancer - Enfance MajusculeMieux comprendre les blessures de la vie

On a tout d’abord mis en évidence une évolution dans le regard porté sur le handicap, passant progressivement de l’exclusion vers l’intégration. ( Eric Dugas)

Il est nécessaire de savoir repérer la souffrance psychique à l’adolescence dont  les causes sont multiples, pour éviter de psychiatriser car  la souffrance psychique n’est pas une pathologie psychiatrique. (Hélène Lida Pulik)

Cette souffrance dépend de la personne mais est aussi en lien avec le parcours de vie et l’environnement qu’il soit familial ou scolaire. Souffrance à résoudre avec le jeune  et qui peut nécessiter des aménagements environnementaux.

L’école peut révéler la souffrance existante mais elle peut elle-même générer, de la mésestime, des humiliations, donc des souffrances.

Pour ne pas se méprendre, il savoir que l’adolescent qui va bien est, fluide, labile, adaptable, en mouvement, montre qu’il entend même s’il n’obéit pas.

Lorsqu’il y a pathologie, on constate de la fixité, de la rigidité, le jeune est alors inaccessible, d’une réactivité majeure face aux jugements, enfermé dans des activités répétitives ; il ne peut investir l’apprentissage et sabote son potentiel.

La souffrance psychique se manifeste par des plaintes corporelles, de la prise de toxiques, mais aussi une agressivité, un repli sur soi, une chute des résultats scolaires, des atteintes du corps, des idées suicidaires.

Il faut savoir repérer les signes d’émergence de la pathologie : variations extrêmes, négligence de l’hygiène, bizarrerie du discours, rituels, manies, hallucinations.

Mais attention ! Les signes s’observent sur la durée et on ne s’alarme pas à un seul signe. La souffrance peut être transitoire, on analyse en équipe, la famille aide à comprendre.

Mais quand les signes sont alarmants l’intervention doit être rapide. L’école est sur le front du repérage  et doit mener un travail partenarial à l’interne et à l’externe.

Les maisons des adolescents sont des lieux de ressources pour les adolescents, les professionnels et les familles. D’un accès facile, elles peuvent fournir, réponses plurielles,  évaluations, recherches concertées de solutions, propositions d’aménagements environnementaux.

Attention ! Il faut être vigilant car l’adolescent ne demande pas forcément d’aide !

Enfants et adolescents orphelins ou blessés de la vie Les aider à avancer - Enfance MajusculeAutre blessure grave, les psycho traumatismes qui ont un impact sur la santé des enfants. Les violences sont fréquentes, sous estimées, non reconnues, les victimes se sentent abandonnées et les conséquences sont très lourdes : atteintes neurologiques, blocage de la mémoire. C’est une blessure faite au cerveau, mais heureusement si les victimes sont protégées, soignées il peut y avoir neuro génèse.

Hélas, il y a beaucoup de déni, les professionnels ne sont pas formés.

Parmi les traumatismes, les plus graves sont les violences sexuelles dont l’impact sur la santé peut se manifester 50 ans plus tard s’il n’y a pas eu prise en charge. Muriel Salmona insiste sur ce qu’elle appelle un scandale de santé publique et un non- respect des droits de l’enfant.

Pour prolonger la réflexion : http://memoiretraumatique.org

Les élèves orphelins sont dans une situation singulière (Emmanuelle Enfrein), ils ont perdu un ou deux parents et sont plus de 800 000, c’est-à-dire en moyenne un enfant par classe. Un vide juridique existe et pourtant les conséquences de ce deuil sont matérielles, financières, affectives et même cognitives.

Certains enfants manifestent des troubles quand d’autres vont suradapter.

Et à l’école, on sait mal comment parler de la mort.

 

Comment se mobiliser pour faire face  à  ces blessures ?

L’ergonomie, science du compromis, permet d’ajuster l’environnement aux besoins des élèves, pour que tous réussissent. (Nicole Delvolé). Pour approfondir la réflexion : reussitepourtous.over-blog.fr/

Le canton de Vaud a présenté son projet de développement des compétences psychosociales dans une vision interdisciplinaire qui vise l’acquisition des facteurs de protection.

www.vd.ch/autorites/departements/dfjc/sesaf/unite-psps

Omar Zanna qui a d’abord travaillé en prison notamment avec les mineurs incarcérés, a étudié les raisons du passage à l’acte et mis en évidence un déni de l’autre, une anesthésie de l’empathie. Il s’est donc interrogé pour les aider à restaurer l’empathie et ensuite comment éduquer à l’empathie pour prévenir. Il a mis au point un dispositif simple qui permet le décentrement de soi et la prise de distance à l’autre. Dans ses jeux, on doit : pratiquer ensemble, observer autrui, inverser les rôles et parler les ressentis.

La Fondation Santé des étudiants de France a présenté des actions d’abord d’animation artistique dans une clinique, de théâtre enfants à destination des enfants malades, le collège Boileau de l’Essonne qui accueille des enfants à besoin particuliers,  et dont le projet prend en compte le jeune dans sa globalité et enfin un espace parents.

Hubert Montagner, grand témoin est en fait revenu sur la question qui lui est chère du respect des rythmes biologiques de chacun.

Une journée, riche, parfaitement organisée et conviviale. 

Retrouver les vidéos et le compte rendu de la conférence en cliquant ici.

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