AccueilActualitésPrévenir la maltraitance, au-delà de l’injonction : une volonté affirmée, un engagement, une posture

Prévenir la maltraitance, au-delà de l’injonction : une volonté affirmée, un engagement, une posture

C’est le thème que L’AFIREM a choisi pour sa journée hommage à Michel Manciaux, un de ses fondateurs. Dans une première partie les notions de Prévention et de parentalité ont été questionnées avec un apport important sur l’incapacité et l’incompétence parentale.
Questionnement qui conduit à s’interroger sur l’éthique. Journée ponctuée par la lecture de citations de Michel Manciaux et qui fut introduite par sa fille gériatre.

Du pédiatre à la gériatre

Nombre de points de convergence existent, pour les deux professionnels on est dans l’art du soin, l’accompagnement des familles, l’équipe pluridisciplinaire, la bienveillance et la bientraitance, la résilience.

Michel Manciaux a transmis des repères :

• Le travail en équipe et le savoir déléguer, confier le travail à faire, donc faire confiance, susciter les compétences
• Le goût de transmettre, d’enseigner
• Respect et bienveillance face aux plus fragiles, toujours croire à un possible, sans nier les difficultés.
• L’importance de l’éthique dans le travail quotidien

Questionnement autour de la Prévention

La prévention impose une politique primaire forte. Des avancées ont eu lieu, les acteurs de terrain sont moins démunis, les facteurs de risque sont bien connus, mais il convient de s’interroger sur leur utilisation. Déjà Pierre Strauss et Michel Manciaux s’interrogeaient sur le risque de s’enfermer dans des grilles.

Intervenir sur des faits non avérés pose question, surtout dans le contexte économique actuel, comment donner sa place aux usagers.

Laurent Barbe évoque les limites du concept de prévention en Protection de l’enfance.

Ce qu’il s’agit de prévenir est difficile à définir, le lien entre l’action et le résultat, n’est pas évident et la logique de prévention envoie aux familles un message du type « vous êtes un danger potentiel » et crée de l’évitement. Mais ça marche, lorsque on fait alliance avec les familles, qu’on utilise des supports et des leviers, par exemple le faire ensemble pour les enfants dans l’ici et maintenant de la vie familiale ; qu’on s’appuie sur les pairs.

Sans toutefois se montrer naïf. Lorsqu’une famille déraille dans ses relatons à ses enfants, il faut poser les questions dérangeantes, voire dans certaines situations aborder la nécessité de la séparation.

Toute action doit confronter ses intentions à la réalité des effets produits.

Notre époque est à la défiance des plus fragiles ; nous sommes dans une logique de gestion des risques.

De la maltraitance à la bientraitance

Pour un accompagnement réfléchi

En Belgique, l’ONE (office national de l’enfance) , et la direction de l’aide à l jeunesse et le délégué général aux droits de l’enfant se sont concertés pour produire pour outiller les professionnels en leur proposant des repères éthiques et pédagogiques. On peut télécharger ce référentiel de soutien à la parentalité.

Incapacité et incompétence parentale

Nous ne sommes pas tous égaux face aux compétences et aux capacités. Elles peuvent être désorganisées et il y a des enfants dont il est difficile de prendre soin. Parfois un parent ne peut pas ou ne veut pas aimer son enfant, ou au contraire, son amour est dévorant. Un enfant persécuteur peut mettre son parent hors de lui et sans aide il devient maltraitant.

Se rappeler qu’un enfant par jour meurt sous les coups des parents, mais beaucoup d’intervenants ont du mal à penser la séparation et sont mal formés.

Incapacité parentale chronique
Certaines personnes schizophrène, maniaco-dépressive, avec des pathologies sévères ne peuvent mettre en œuvre les capacités parentales nécessaire pour prendre soin d’un enfant ; telles que maitriser son impulsivité, réguler ses états émotionnels ; capacité à s’identifier à un enfant, à se montrer empathique.

Dans ces situations le potentiel d’amélioration est faible, on stabilise, mais les rechutes sont fréquentes et le déni fait partie des symptômes.

Incapacité momentanée : un état de désorganisation psychique extrême peut être consécutif à un évènement traumatogène (séparation, deuil, déracinement, perte d’emploi, accouchement.
Incompétence parentale

Certains parents n’ont pas les compétences de base, par manque de connaissance, absence d’environnement, mais ils peuvent s’approprier et mettre en œuvre de façon efficace. Dans ces situations, l’aide éducative donne d’excellents résultats.

Pour répondre efficacement aux situations rencontrées et ne pas mettre en difficultés les soignants, il est indispensable de réaliser une évaluation qui permettra une indication thérapeutique.

Des exemples concrets sont ensuite présentés, l’organisation du département de Loire Atlantique, le travail avec ATD –Quart Monde qui resitue la place des parents, les visites médiatisées du CAP Alésia ; ce qui débouche naturellement sur l’éthique.

Ménager une place aux sans-voix, rendre présents ceux qui ne parlent pas, faire parler le silencieux, avec le souci de l’intérêt de l’enfant, de protéger les parents contre eux-mêmes.

Donc replacer le parent et l’enfant dans une bonne trajectoire.

Journée AFIREM du 3 octobre