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L’estime de soi chez l’enfant

L’estime de soi chez l’enfant est le thème qui a été choisi, en 2016, par la Coordination pour une éducation à la Non-Violence et à la paix, pour ses journées d’été, pour sa lettre n°36, mais aussi pour son forum qui s’est tenu à Paris le 19 novembre au Lycée Jacques Decour puis à la mairie du Xème. Une matinée théorique qui justifie scientifiquement la nécessité  de l’estime de soi, suivie d’une après-midi d’ateliers qui présentent des outils et des méthodes.

Les neurosciences, argument théorique à l’estime de soi

Catherine Gueguen, pédiatre, formée aux neurosciences, et à la CNV (Communication Non violente), rappelle qu’une majorité d’enfants dans le monde subissent des humiliations physiques et ou verbales, ce qui a des conséquences dramatiques  sur le développement de leur cerveau. Conséquences mises en évidence par les neurosciences affectives et sociales.

De nombreuses études montrent que  des conduites antisociales ont leur source dans une absence d’empathie dans la petite enfance. Le cerveau de l’enfant est encore plus fragile, malléable et immature que ce que l’on pensait.

Une grande partie du cerveau est dévolue aux relations sociales et toutes les rencontres modifient le cerveau de l’enfant tant au niveau affectif qu’intellectuel, influant sur les neurones, les synapses, la myélinisation, l’axe neuro-endocrinien qui régule le stress.

L’enfant avant 5 ans n’est pas capable de gérer ses émotions et toutes les humiliations ont un effet sur son cerveau. Jusqu’à 5-6 ans c’est le cerveau archaïque et émotionnel qui est dominant.

L’empathie et son rôle dans la construction psychique

Une relation empathique, soutenante, aimante est la condition fondamentale pour une évolution optimale du cerveau. Les relations empathiques permettent d’apaiser, de mettre des mots sur les émotions.

Le maternage (réconforter, câliner…) agit sur un gène qui améliore la structure de l’hippocampe, d’où une meilleure réussite scolaire.

La maltraitance émotionnelle diminue le volume du cortex orbito-frontal, ce qui peut provoquer des troubles anxieux, des risques de délinquance et à l’âge adulte la majorité  des troubles psychiatriques.

Une des nombreuses études sur la question a conclu : 1 dollar investi dans la petite enfance permet d’économiser 100 dollars en prévention.

Sur le site internet OVEO (Observatoire de la violence éducative ordinaire) on peut regarder le film : «  Si j’aurais su je serais né en Suède » http://www.oveo.org/si-jaurais-su-je-serais-ne-en-suede/

Comment réparer l’estime de soi ?

Moussama Nabati, psychanalyste, chercheur a réfléchi à partir des témoignages de ses patients. Il a pu constater qu’il n’y a pas de lien direct entre la réalité et l’estime de soi, car le regard que l’on porte sur soi est un mirage, un fantasme.

La carence matricielle engendre une dépression infantile précoce. Et l’enfant va passer sa vie à la recherche de la mère.

Quelle thérapie possible ? Repérer l’enfant intérieur, cesser de combattre avec soi-même contre la culpabilité et réhabiliter ses parents de l’intérieur.

Plusieurs témoignages ont permis d’illustrer des pratiques : dans une école, dans un point Jeune ainsi que à l’école de l’estime de soi. http://ecole-estime-de-soi.fr/

Six ateliers d’outils et de méthodes

 

Une journée riche et vivifiante avec, pour finir, un petit cadeau : une image issue du Conte chaud et doux des chaudoudoux, de Claude Steiner. Au dos de cette image, un message « Vous pouvez faire de votre image votre allié ».

Le conte chaud des chaudoudou littérature jeunesse

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