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Prévenir les agressions sexuelles

Prévenir les abus sexuellesConcernant la prévention plus spécifique contre d’éventuelles agressions sexuelles, le discours est toujours simple, mais plus précis : « Ton corps est unique ; il est à toi et à toi seul. Tu dois le protéger et les autres doivent le respecter. Les personnes en qui tu as confiance peuvent t’aider à te frotter le dos si tu n’y arrives pas tout seul ; nous donnons au coiffeur le droit de laver et couper tes cheveux. Mais si tu sens, toi, qu’une personne veut t’approcher tout près pour de mauvaises raisons, tu as le droit et le devoir de dire non, et tant pis si ça déplaît à cette personne. Les adultes, pour la plupart, sont là pour te protéger, t’apprendre à te protéger toi-même, et t’aider à grandir. Pourtant, parmi ces adultes, quelques uns sont des malades, des sortes de fous ; de ceux-là, tu dois apprendre à te méfier. Comment on les reconnaît ? Hé bien justement, on ne les reconnaît pas toujours ; par exemple, il est possible qu’un jour, un adulte que tu connais bien et que tu aimes beaucoup se conduise mal avec toi, avec ton corps. Hé bien, même dans ce cas-là, tu as le droit de dire non, de te sauver en courant et de le dire à un autre adulte que tu connais. »

Le pédophile, non content d’appartenir à tous les milieux sociaux, a plusieurs visages. En voici quelques uns :

  • la brute avinée qui perd contact avec la réalité ;
  • l’ancien enfant carencé affectivement devenu un adulte timide et peureux devant les femmes ;
  • le pervers intelligent dit « de droite », exerçant un métier d’autorité, pour qui les enfants doivent être « dressés » ;
  • le pervers intelligent dit « de gauche », pour qui, référence faite à Platon et Socrate, les enfants sont des êtres libres qui ont le droit d’avoir des relations sexuelles ;

Mais il peut aussi avoir le visage de l’instituteur, de l’oncle, du frère aîné, ou pire encore : du père. Par exemple, ce père tyrannique qui considère ses enfants comme sa propriété, ou cet autre, larmoyant, bafoué par son épouse, qui implore sa fille et la supplie, au nom de l’amour qu’il lui porte, de lui donner un peu de tendresse. Ou cet autre encore, toujours irréprochable, à la moralité sans faille, mais qui, peu après la naissance de son enfant, se découvre avec horreur envahi par une pulsion qu’il contrôle d’autant moins que sa mémoire occulte son propre corps d’enfant abîmé par son père. Quel que soit le visage du pédophile qui, peut-être, s’approchera de lui, l’enfant correctement averti l’identifiera plus vite et saura, mieux qu’un enfant ignorant, s’en prémunir. Le même enfant saura, en cas de nécessité, mettre en garde tel ou tel copain d’école. C’est sans doute la seule prévention possible, c’est même peut-être la seule thérapie anticipée pour les générations qui suivront l’enfant puisque, pour l’auteur de l’agression, les thérapies actuellement proposées restent majoritairement inopérantes comme en atteste le taux de récidive. L’esprit de bien-traitance consistant, aussi, à éviter d’inutiles dérives paranoïaques, il est utile de préciser ici que la proportion d’hommes pédophiles n’a pas augmenté. Mais, la bien-traitance consistant également à prévenir les dangers le plus possible, il faut ajouter que ces malfaisants utilisent très bien les moyens modernes mis à leur disposition pour prospecter leurs victimes… La protection préventive passe par un verrouillage informatique et, surtout, par une vigilance accrue de la part des parents sur l’écran d’ordinateur quand leurs enfants pianotent sur le clavier. Un truc de bien-traitant ? Installer l’ordinateur familial dans le séjour, là où, fréquemment, un regard lucide peut intervenir en cas de dérive sur l’écran.

Cependant, le danger peut aussi survenir là où on l’attend le moins…

 Extrait du livre De la bienveillance à la bientraitance. Patricia Chalon. Marabout