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Prix Média Enfance Majuscule : le palmarès 2020

Cette année encore, l’implication des juré·e·s et la qualité des programmes proposés nous ont une nouvelle fois convaincu·e·s de la nécessité de dénoncer les terribles atteintes aux droits de l’enfant, grâce aux images qui témoignent avec force de ce qu’ils subissent au quotidien.

(pour assister à l’événement, cliquez sur la vidéo ci-dessus)

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CATÉGORIE FICTION
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Prix pour « Un homme parfait »
Réalisateur : Didier BIVEL
Auteur·e·s : Françoise CHARPIAT, Dominique GARNIER
Production : Adrénaline, avec la participation de France Télévisions, RTS
Diffusion : France 2

Ce téléfilm, inspiré du récit de Mathieu Menegaux « Un fils parfait », traite d’un sujet rarement abordé avec autant de crédibilité, dans un milieu qui n’est habituellement pas mis en cause. Le jury a salué par un prix une réalisation et un jeu d’acteurs de très grande qualité et subtilité. Il met en avant le fort sentiment d’impunité ressenti par un homme, apparemment irréprochable, en réalité, véritable pédocriminel. La mobilisation, activement sabotée de la mère, la sidération et l’ambivalence des proches seront autant de freins à une aide rapide aux victimes. Cette fiction en est à peine une.

INCESTE
des références pour aller plus loin…

Ne le dis pas à Maman – Toni Maguire (2011) Dès l’âge de 6 ans, Antoinette subit les viols de son père. Elle révèle l’indicible à sa mère, mais cela n’y fait rien, et des années de tortures sexuelles et mentales s’ensuivent. Enceinte de son père à 14 ans, elle dévoile à nouveau son secret…
My absolute darling – Gabriel Tallent (2018) À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un couteau pour seuls compagnons. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous l’emprise d’un père charismatique et abusif…

Mention pour « La Maladroite »
Réalisatrice : Éléonore FAUCHER
Auteure : Françoise CHARPIAT
Production : LM les films, Storia Television, France Télévisions, avec la participation de TV5 Monde
Diffusion : France 3

Adapté du livre d’Alexandre Seurat et inspiré de l’Affaire Marina Sabatier, ce téléfilm traite des failles et des erreurs d’appréciation qui, malgré de bonnes volontés, conduisent à l’échec dans le traitement institutionnel de cette situation de maltraitance. Cette fiction est vibrante de réalisme et particulièrement bien interprétée : avec justesse et psychologie, elle met l’accent sur la loyauté des enfants à l’égard des parents maltraitants. Elle souligne avec force les faiblesses d’un système où chacun fait un pas, tardif, lequel n’empêchera pas l’irréparable…

MALTRAITANCE
des références pour aller plus loin…

La maladroite – Alexandre Seurat (2017) Inspiré de l’affaire Marina Sabatier, une petite fille de huit ans tuée par ses parents, La Maladroite recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres de la famille, enseignants, médecins, services sociaux, gendarmes…
La démesure – Céline Raphaël (2015) Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les artistes prodiges tout en gardant le secret sur l’horreur de l’intimité de sa vie familiale. Et le silence autour. Assourdissant…

CATÉGORIE DOCUMENTAIRE TOURNÉ EN FRANCE
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Prix pour « Enfants placés, les sacrifiés de la République »
Auteur-Réalisateur : Sylvain LOUVET
Production : CAPA, avec la participation de France Télévisions
Diffusion : France 3

Menée au sein d’institutions supervisées par l’Aide Sociale à l’Enfance, cette enquête expose les graves dysfonctionnements des structures censées protéger les enfants et met en lumière les carences des familles d’accueil au recrutement hasardeux, au point que certains sont même objets d’exploitations diverses. Le jury a souhaité récompenser ce documentaire, notamment pour les témoignages rares et marquants d’enfants et de jeunes placés, alertant le Ministère et le Secrétaire d’État à la protection de l’Enfance à imposer des sanctions et des mesures de contrôle.

CARENCE DES SERVICES SOCIAUX
des références pour aller plus loin…

Dans l’enfer des foyers. Moi Lyes, enfant de personne – Lyes Louffok (2016) Séquestration, sévices, rejet, Lyes Louffok a tout connu de l’enfer que traversent ceux qui sont confiés à l’ASE. Il se bat pour que les droits des enfants soient reconnus et qu’une politique dynamique de protection soit mise en place.
Appartement 24 – Gaëlle Guernalec-Levy (2011) Julie est amoureuse. Immature aussi. Le prince charmant enjôleur, qui l’a séduite par ses attentions et sa douceur, ne tarde pas à montrer son vrai visage, celui d’un amant violent qui entend élever un enfant comme on dresse un chien. Portrait d’une mère fragile et dépassée, c’est aussi le récit des difficultés, des atermoiements et des limites des travailleurs sociaux, contraints de concilier des intérêts parfois antinomiques : celui des parents et celui de l’enfant.

Jassim, Sofia, Brocéliande et Benjamin

Mention pour « Gosses de France »
Auteure : Andréa RAWLINS-GASTON
Réalisatrices : Andréa RAWLINS-GASTON, Caroline LE HELLO
Production : Capa, avec la participation de France Télévisions
Diffusion : France 2

Être précaire, comme le disent pudiquement les enfants et les jeunes dont l’histoire est restituée, c’est, au plus profond, être atteint dans sa dignité. En France, 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Le jury a résolument voulu récompenser ce documentaire qui, sans pathos et traité avec modernité, aborde un sujet aussi difficile que celui des effets de la pauvreté. Une mention particulière à ces enfants d’une maturité impressionnante, aux personnalités très attachantes qui témoignent avec humour et lucidité.

PAUVRETÉ / MISÈRE SOCIALE
des références pour aller plus loin…

Enfances de Classe · De L’inégalité Parmi Les Enfants – Collectif sous la direction de Bernard Lahire (2019) Naissons-nous égaux ? Des plus matérielles aux plus culturelles, les inégalités sociales sont régulièrement mesurées et commentées, parfois dénoncées. Mais les discours, qu’ils soient savants ou politiques, restent souvent trop abstraits. Ce livre relève le défi de regarder à hauteur d’enfants les distances sociales afin de rendre visibles les contrastes saisissants dans leurs conditions concrètes d’existence.
Basse naissance – Kerry Hudson (2020) Kerry Hudson est née en 1980 dans les quartiers populaires d’Aberdeen en Écosse, d’une mère vulnérable, isolée et sans emploi, et d’un père schizophrène, alcoolique et absent. De centres d’accueil en squats improvisés, de logements sociaux en Bed and Breakfasts, sa petite sœur, sa mère et elle ont connu pendant plus de vingt ans la précarité extrême, les queues le lundi matin aux caisses d’allocation, la détresse, et la violence familiale.

Mention pour « Enfance volée, chronique d’un déni »
Réalisatrice : Sylvie Meyer
Production : LCP-Assemblée nationale, Talweg production
Diffusion : LCP-Assemblée nationale

Longtemps passée sous silence, la société civile s’est emparée de la question des crimes sexuels sur enfants. Ce documentaire précis, passionnant et éclairant croise les témoignages de plusieurs générations de personnes agressées et l’éclairage d’experts sur les mécanismes de l’amnésie traumatique et de la « colonisation » psychique par l’agresseur. Les principes en action, les manquements de la justice, sa tolérance passée sont démontrés avec courage et l’on constate qu’il y a encore un long chemin à parcourir…

AGRESSIONS SEXUELLES
des références pour aller plus loin…

Le colosse aux pieds d’argile – Sébastien Boueilh (2020) Le jeune Sébastien Boueilh nous raconte comment il a traversé ces nuits faites d’agressions sexuelles et de viols, de silence, de mensonges imposés par un membre de sa famille. Ce récit poignant nous entraîne à ses côtés enfant, adolescent, adulte, vers les déviances, la violence, envers les autres ou soi-même, et le silence et le mensonge, toujours. Jusqu’à ce que le destin provoque la parole, enclenche la justice…
La consolation – Flavie Flament (2016) Dans ce récit sensible et poignant, porté par une plume magnifique, Flavie Flament brise le silence et évoque la trahison des adultes qui lui ont ravi son innocence. C’est aussi l’histoire d’une renaissance. Un livre rare, où la force de l’écriture est au service d’un combat. Un combat citoyen, car « faire du mal à un enfant, c’est faire du mal au monde de demain ».
Le consentement – Vanessa Springora (2020) Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal…

CATÉGORIE DOCUMENTAIRE TOURNÉ À L’ÉTRANGER
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Prix pour « Les enfants boxeurs »
Auteure : Perrine BONNET
Réalisateur·trice·s : Perrine BONNET et Olivier GARDETTE
Production : France Télévisions
Diffusion : France 2

Ce documentaire aborde la problématique des dérives d’un sport traditionnel transformé en business qui concernerait près de 200 000 « enfants-boxeurs » en Thaïlande, parfois très jeunes, pourvoyeurs de revenus. L’absence de prise de conscience réelle de l’exploitation de ces enfants, la tolérance de l’État, en dépit des risques avérés et ce système lui-même, appelé à compenser les carences de l’État, laissent pantois et nous amènent à nous interroger sur la toxicité des traditions en matière des droits de l’enfant.

ESCLAVAGE DES ENFANTS
des références pour aller plus loin…

Zohra, l’insoumise – Michel Leydier (2011) Zohra, 14 ans, vit au Maroc avec sa famille. Elle est l’aînée de cinq enfants et c’est elle qui aide sa mère dans toutes les tâches ménagères. Son père et son frère la traitent comme une domestique. Un jour, une mystérieuse tante venue de France vient chercher Zohra pour l’emmener avec elle. Elle découvre alors une autre vie. Mais cette vie est loin d’être meilleure…
Toutes blessent, la dernière tue – Karine Giebel (2018)Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin… L’auteure s’est basée sur des témoignages réels pour construire ce thriller glaçant qui plonge le lecteur dans l’enfer de la servitude domestique.

Mention pour « Les enfants perdus d’Angleterre »
Auteur·e·s-réalisateur·trice·s : Stéphanie Thomas et Pierre Chassagnieux
Production : Dreamway productions
Diffusion : France 5

Cette deuxième enquête rigoureuse fait suite aux « Enfants volés d’Angleterre », des mêmes auteurs, consacrée aux services sociaux britanniques et plus particulièrement à la protection de l’enfance outre-Manche (Children Act). Elle permet de retracer le parcours d’enfants entrés dans un processus délétère de placements, adoptions non consenties par les parents et de marginalisation quasi institutionnalisée, avec absence de scolarisation, entre autres et suivi social chaotique. Les politiques néo-libérales revendiquées par le Royaume-Uni prévalant sur toute notion d’accompagnement des personnes en difficulté sont particulièrement inquiétantes.

VIOLENCES INSTITUTIONNELLES D’ÉTAT
des références pour aller plus loin…

Oliver Twist – Charles Dickens (1837) Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l’Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L’apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n’oubliera guère, après les avoir croisés, ni l’abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo.
Enfants placés, enfants sacrifiés, ça suffit ! – Jeanne Landry (2017) « Mon histoire est celle d’une jeune grand-mère à qui, un matin d’hiver, on a arraché ses deux petits-enfants. Ma vie et la leur ont basculé dans une réalité insupportable lorsqu’une décision de justice a ordonné leur placement dans un foyer de la protection de l’enfance. Malgré ma demande d’être désignée ‘‘tiers digne de confiance’’, la juge en a décidé autrement. ‘‘Vous n’êtes QUE la grand-mère…’’, m’a-t-on dit. Oui, mais je suis et resterai LEUR grand-mère ! »

CATÉGORIE JEUNESSE
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Prix pour « Arte Journal Junior et Arte Junior Le Mag »
Réalisateur·trice·s : Gabriele Kirchherr et Laurent Besançon
Auteur·e·s : Stefanie Hintzmann, Catherine Marie Degrace, Carolyn Höfchen, Damien Wanner, Jakob Groth, Alexander Wolkers, David Arnold
Production : Arte
Diffusion : Arte

Un traitement clair et pédagogique de l’information et des sujets originaux offrant une réelle ouverture sur le monde, c’est ce qui a retenu l’attention du jury cette année et a valu à la globalité des deux programmes Junior de la chaîne Arte de se voir décerner un prix. Ces émissions offrent des programmes informatifs sur des situations sociales internationales entre autres, aux enfants ainsi qu’aux adolescents, sujets rarement traités à leur endroit.

DROITS DE L’ENFANT
des références pour aller plus loin…

Enfants abusés en famille. Que dit la loi ? Quelle protection ? – Marcelle Bongrain (2019) La loi peut-elle venir au secours de l’enfant abusé sexuellement dans sa famille ? Que prévoit-elle ? Comment s’applique-t-elle ? Sous forme de questions-réponses, cet ouvrage apporte des éléments d’informations.
Les droits de l’enfant pour les Nuls – Jean Pierre Rosenczveig (2019) L’enfant appartient-il à ses parents ? Ne dit-on pas  » avoir un enfant  » avant de dire « être parents  » ? Pourtant, ne parle-t-on pas de plus en plus d' »enfant-roi » dans notre société actuelle ? L’enfant a-t-il d’abord des droits ou des devoirs ? LA synthèse indispensable sur le droit des enfants !

FINALISTE DU CONCOURS DE CLIPS D’ANIMATION DES ÉTUDIANTS DE LISAA

Lauréat du concours : « Trauma »
Étudiants : Dilara Achmet, Trevanadri Chandraviterra, Lucille Conort, Charlotte Judenne, Emma Ragot, Alara Kara
Équipe pédagogique : Frédéric Dybowski (du scénario à l’animatique) et l’ensemble de l’équipe pédagogique du Bachelor International en Animation de LISAA, sous la supervision de Philippe Lamaison, responsable pédagogique Animation 2D/3D et de Catherine Grisolet, Directrice de LISAA – Animation, VFX et jeu vidéo.

Synopsis : une enfant se retrouve confrontée à son passé traumatique déclenché par le climat anxiogène de la ville.

Dans le cadre de notre partenariat avec LISAA Paris Animation & Jeu vidéo – Institut Supérieur des Arts Appliqués, nous avons demandé aux étudiants de la classe internationale d’intégrer la chanson « Je suis un·e enfant et j’ai des droits », composée par Enfance Majuscule pour marquer plus intensément l’anniversaire des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, dans un clip d’animation. Ils ont travaillé à la conception de ces clips, afin d’informer le grand public et de promouvoir les actions menées par Enfance Majuscule en faveur de la bientraitance et de la défense des droits de l’enfant. Ce projet a fait l’objet d’un concours, réalisé dans des conditions professionnelles et a constitué pour les étudiants l’opportunité d’appliquer leur savoir-faire et leur créativité, au service d’une cause associative d’intérêt public.
Un défi pour les futurs diplômés, faisant appel tout autant à leurs compétences techniques qu’à leur sensibilité artistique. C’est aussi pour Enfance Majuscule l’occasion d’associer et de sensibiliser de futurs professionnels de l’audiovisuel à des problématiques psychologiques et sociales qu’ils auront à cœur de défendre.