Petite maman

 

Halim fait le choix de la BD en noir et blanc pour aborder le sujet grave et délicat de la maltraitance des enfants, du rôle des services sociaux et de la place de la thérapie pour éviter la répétition. L’histoire de Brenda est un modèle du genre.


En guise de préambule deux anecdotes : l’une qui montre que privé de communication humaine le petit d’homme ne peut se développer et vivre. La seconde concerne les services sociaux, lourdement condamnés pour avoir retiré un enfant à sa famille sur des soupçons de maltraitance alors que l’enfant était juste atteint de la maladie des os de verre.

L’histoire de Brenda devenue mère qui veut protéger son enfant est celle qu’elle raconte au thérapeute. Histoire qui nous fait comprendre l’engrenage qui conduit à la maltraitance.
Une grossesse précoce, un père qui n’assume pas, la fatigue qui s’installe, une instabilité émotionnelle. Déjà le médecin s’interroge sur les traces de bleus mais renvoie la mère vers un pédiatre. Brenda se console avec ses poupées, sa grand-mère et son amie Lucie. Les retards à l’école et les marques sur le visage interrogent, mais Brenda protège sa mère, il y a inversion des rôles.

Tout bascule lorsque la mère est à nouveau enceinte et que le compagnon, père du futur bébé, Vincent s’installe à la maison avec son chien. Tout est prétexte à mauvais traitements et lorsque la mère s’insurge, c’est elle qui se fait battre et insulter. L’arrivée du bébé et l’absence de travail n’arrangent pas les choses. On prive Brenda de nourriture, on la brûle avec les cigarettes et c’est elle qui s’occupe du petit frère. A nouveau l’école s’inquiète mais la mère explique les marques par des chamailleries avec le frère. Brenda se met à boire, pense au suicide. Vincent veut lui faire manger le contenu de la gamelle du chien.

Après un semblant d’amélioration, les services sociaux rendent visite à la famille et s’interrogent car le petit frère a donné un papier d’appel au secours. Malgré un débat interne il n’y a pas de signalement. Une nouvelle étape est franchie quand Vincent entraine son chien à se jeter sur la fillette, mais le chien a reniflé le tee shirt du petit frère et l’attaque violemment et le défigure. C’est un électrochoc pour la mère !

La dernière étape de la thérapie pour Brenda, c’est d’arrêter de culpabiliser et de pardonner à sa mère. Elle peut enfin jouer son rôle de mère sans se laisser fragiliser par les pleurs de son bébé. Cette BD pour adultes, peut aider les mères à comprendre l’engrenage qui conduit à la maltraitance. Quand on commence à frapper on ne s’arrête pas, il faut se faire aider. Elle analyse aussi l’impuissance des services sociaux à détecter les cas de maltraitance et à venir en aide aux enfants et à leurs mères.

Bande dessinée écrite et dessinée par Halim, publiée chez Dargaud 192 pages