AccueilActualitésProcès Zemmour : « Les limites de la liberté d’expression ont été franchies »

Procès Zemmour : « Les limites de la liberté d’expression ont été franchies »

Enfance Majuscule s’est portée partie civile au procès contre Éric Zemmour, à qui il est reproché ses propos concernant les mineurs isolés. L’association continuera sans relâche à poursuivre, ou faire poursuivre, les individus qui tiennent des propos dépassant la liberté d’expression, et qui portent une atteinte manifestement grave aux droits des enfants.

Une journée longue, épuisante, mais surtout révoltante, due aux tentatives multiples des avocats de la Défense pour faire oublier la véritable raison qui a poussé une trentaine de parties civiles, dont l’association Enfance Majuscule, à hausser le ton ce mercredi 17 novembre 2021.

Malgré les essais répétés pour dénoncer un « procès politique », et demander leur irrecevabilité, les parties civiles ont pu se faire entendre. « On finit par oublier la gravité des propos, supposés être au centre du débat, plutôt que de s’attarder à la procédure », a dénoncé Maître Sylvana Giron-Abarca, avocate pour Enfance Majuscule.

Les propos dénoncés par le CSA ne sont pas les premiers portés par Éric Zemmour, déjà condamné par la justice pour les mêmes raisons. « De plus en plus de ses propos tendent à banaliser le racisme dans la société et à inciter au passage à l’acte » a dénoncé Dominique Sopo, Président de SOS Racisme, qui a pointé du doigt « la responsabilité de sa parole et la question de l’influence que peut avoir dans la société un individu qui dit que les mineurs isolés sont tous des voleurs, des assassins, des violeurs, qu’il faut les renvoyer ».

« Les paroles ne s’envolent pas, elles restent bien accrochées à terre et s’arriment aux destins d’hommes et de femmes, ici aux destins d’enfants », a déclaré Maître Antoine Dini, également avocat pour Enfance Majuscule, mettant un terme aux plaidoiries des nombreuses parties civiles présentes.

Le parquet a requis 100 jours amende à 100 euros à l’encontre du polémiste, et 5.000 euros d’amende contre Jean-Christophe Thiery, directeur de la publication de CNews, le procureur de la République ayant estimé que « les limites de la liberté d’expression ont été franchies ».

La décision du tribunal a été mise en délibéré et sera rendue le 17 janvier 2022.

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